Le crack : de la cocaïne fumable

Le crack, ou « free base », est le nom de rue de la forme fumable de la cocaïne. Il s’agit de la cocaïne base, un dérivé de la cocaïne « traditionnelle » (le chlorhydrate de cocaïne, consommé par voie nasale ou IV). La voie inhalée permet à la molécule de pénétrer directement au niveau des poumons et d'atteindre encore plus rapidement le cerveau qu’avec la voie IV. La vaste surface d’échange au niveau des alvéoles pulmonaires permet une absorption plus importante, majorée par la plus haute liposolubilité du crack, avec l'obtention d'effets plus intenses qu’avec la cocaïne. Contrairement à l’usage par voie nasale pour lequel se manifeste à terme une vasoconstriction au niveau de la muqueuse, l’absorption par voie inhalée ne diminue pas lors de la répétition des prises. L’inhalation rend l’usage du crack beaucoup plus facile que l'injection et l’absence d'aiguille ou de paille élimine le risque associé de contamination par VIH ou VHB. Tous ces éléments expliquent que le crack induise une dépendance à la fois plus importante et plus rapide, des conséquences plus sévères et a contrario un risque d’overdose moindre qu’avec la cocaïne. En aigu comme en chronique, la toxicité est plus marquée qu’avec le sel de cocaïne, tant au niveau neurologique (hallucinations, psychose, convulsions…) que cardiovasculaire (HTA, AVC, mort subite par arythmie ventriculaire ou infarctus du myocarde). Sa voie d’administration explique une toxicité pulmonaire spécifique : dyspnée, bronchospasme, dépression respiratoire, œdème pulmonaire lésionnel, asthme… Enfin, d’autres atteintes moins courantes sont décrites : rhabdomyolyse, hyperthermie et lors d'un usage prolongé atteintes cornéennes.

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