Question/Réponse : Acide chlorhydrique-piscines

h4. Question Quelle est la toxicité de l’acide chlorhydrique utilisé pour le traitement de l’eau des piscines ? La désinfection de notre bassin est assurée par un régulateur de pH comportant une pompe-doseuse et un bidon de 32 l d’acide chlorhydrique à 33 %. Quels seraient les risques pour notre santé en cas de dysfonctionnement de l’appareil avec fuite du contenu du bidon dans le bassin ? h4. Réponse Des solutions concentrées d’acide chlorhydrique sont effectivement utilisées comme source de chlore pour le traitement de l’eau de piscines privées, même si la plupart des installations destinées aux particuliers font actuellement appel à des générateurs solides - en général sous forme de galets - à base de sels des acides di- et trichloroisocyanurique, où aux procédés dits « par électrolyse du sel ». L’acide chlorhydrique (HCl) est un acide minéral fort. A l’état pur ou concentré (au-delà de 20-25 %), il est caustique et provoque de graves brûlures des tissus avec lesquels il entre en contact : la peau et l’œil en cas de projection accidentelle ; la bouche, l’œsophage et surtout l’estomac en cas d’ingestion. En cas d’ingestion massive d’HCl concentré, par exemple dans un contexte suicidaire, une hémolyse, une hyperchlorémie et surtout une perforation du tube digestif sont possibles. Lorsqu’il est dilué à moins de 1 ou 2 %, l’HCl n’est plus qu’irritant, à l’origine de picotements des yeux et de rougeurs de la peau en cas de projection, de douleurs épigastriques banales (« brûlures d’estomac ») en cas d’ingestion accidentelle. Il faut se rappeler que dans l’estomac le pH est compris entre 1 et 2 du fait d’une sécrétion physiologique d’acide chlorhydrique. Entre les deux, tout dépend du volume de produit mis en jeu, du temps de contact… La fuite accidentelle d’un bidon de 32 l d’HCl à 33 % dans une piscine standard de 40 m[^3^] produirait une teneur en HCl de 0,025 % ; avec une densité de l’HCl à 33 % de 1,17, cela génère une concentration en chlore d’environ 300 mg/l. Cette concentration est bien sûr très supérieure à celles qui sont recommandées pour le traitement de l’eau des piscines (0,5 à 1,5 mg/l de chlore actif lorsque l’apport est direct, entre 2 et 4 mg/l quand l’apport se fait sous forme combinée), mais reste relativement faible en absolu. Les effets prévisibles dans ce contexte se limitent à des irritations modérées et transitoires des yeux ; l’ingestion accidentelle par un baigneur d’une gorgée de l’eau du bassin serait sans autre conséquence qu’un goût acidulé dans la bouche. Ainsi, en 2000, dans une piscine municipale de la région lyonnaise, une erreur d’interprétation des dosages colorimétriques réalisés par l’agent d’entretien a conduit à des apports successifs de chlore et à une teneur comprise entre 50 et 100 mg/l : un seul cas de rougeur oculaire a été signalé chez un enfant. Plus le taux de chlore est élevé dans l’eau, plus grande est la formation de chloramines par réaction avec les molécules organiques azotées (sueur, urine) apportées par les baigneurs. Les chloramines sont très volatiles : ce sont elles, et non le chlore libre de l’eau du bassin, qui sont responsables des phénomènes irritatifs oculaires, rhinopharyngés et respiratoires dont se plaignent les usagers réguliers. Ces manifestations surviennent surtout chez le personnel des piscines publiques couvertes, en particulier les maîtres nageurs, mais très exceptionnellement chez les propriétaires de piscine privée en plein air. Au total, un dysfonctionnement du régulateur de pH de votre piscine conduit à une surchloration de l’eau du bassin, sans conséquence sanitaire sérieuse pour les baigneurs mais pouvant induire des désagréments passagers sous forme de picotements oculaires et de légères rougeurs cutanées. Leur survenue impose de remonter le pH à l’aide de carbonate de sodium (matière active des produits dits « pH plus ») ainsi qu’une rapide intervention sur le régulateur défectueux.

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