Question/Réponse : Le toner des imprimantes et des photocopieuses

h4. Question Quels sont les risques sanitaires en rapport avec le toner des imprimantes et des photocopieuses ? Les salariés d’une entreprise de reprographie s’inquiètent des mentions figurant sur la nouvelle étiquette de ces produits : « Risques d’effets irréversibles », « Cancérigène suspecté, preuves insuffisantes ». h4. Réponse Les encres magnétographiques pour imprimantes et photocopieurs ou toners sont des encres en phase solide dont la formulation, relativement constante, est à base de résines polyamides, de noir de carbone (3 à 10 %) et d’oxydes de fer. D’autres résines (polyacryliques, polypropylène) ou d’autres composants intervenant comme agents de contrôle de charge dans le procédé électrostatique de reproduction (comme des sels de cuivre, de sélénium…) peuvent également être présents. Le produit technique se présente sous forme d’une poudre noire ; 95 % des particules ont un diamètre supérieur à 10 µm et ne sont - en principe - pas inhalables. En milieu professionnel, les effets indésirables des toners se limitent à des signes irritatifs cutanéo-muqueux (conjonctivite, rhinite, toux) en rapport avec l’irritation mécanique provoquée par les particules d’encre. Quelques rares cas d’eczéma de contact par sensibilisation aux monomères résiduels des résines ont été décrits. Une publication isolée rapporte une alopécie diffuse avec dystrophie unguéale attribuée au sélénium chez un ouvrier de 31 ans, fortement exposé aux poussières de toner dans une usine de photocopieurs en Inde. Une observation de granulomatose pulmonaire avec adénopathies médiastinales a été publiée en 1996 chez un homme de 39 ans, employé d’une agence de presse autrichienne depuis 18 mois, et épisodiquement amené à changer le toner d’un photocopieur. La responsabilité du toner dans la genèse de l’atteinte pulmonaire est improbable compte tenu des conditions d’exposition, excessivement minimes, ainsi que de la chronologie des troubles : compte tenu de la durée de la phase asymptomatique dans ce type d’affection, les premiers granulomes ont vraisemblablement précédé le début de l’exposition. Selon son degré de pureté, le noir de carbone est susceptible de contenir des hydrocarbures aromatiques polycycliques, dont plusieurs sont des cancérogènes avérés pour l’homme. De fait, plusieurs études épidémiologiques montrent une élévation extrêmement faible du risque de cancer bronchopulmonaire (RR = 1,15) chez les imprimeurs, dans les procédés impliquant des encres au noir de carbone. A ma connaissance, aucune étude épidémiologique consacrée à la mortalité par cancer des travailleurs du secteur des encres magnétographiques n’a été effectuée. Une étude française conduite chez Bull et publiée en 1987 ne retrouvait pas de caractère mutagène des urines chez 20 salariés exposés au toner depuis un à sept ans. Au total, le nouvel étiquetage du toner ne fait que se conformer avec la réglementation européenne qui veut que les dangers des substances figurent maintenant de manière explicite sur les conditionnements. Le risque réel en situation de travail est à évaluer en fonction de l’intensité de l’exposition, à la lumière des dangers - somme toute modestes - du toner.

search