Contribution des pharmaciens d'officine à la Pharmacovigilance

Les pharmaciens d’officine doivent signaler les effets indésirables graves ou les effets indésirables nouveaux dus aux médicaments qu’ils ont délivrés. Leur participation reste néanmoins modeste, de l’ordre de 2,5% des notifications validées par les Centres de Pharmacovigilance. Pourtant, le pharmacien d’officine peut apporter une réelle contribution au système national de pharmacovigilance. Depuis 4 ans, une collaboration entre le Centre de Pharmacovigilance et la Faculté de Pharmacie de Lyon a été mise en place pour former les étudiants à la pharmacovigilance. Dans le cadre du stage officinal de 6ème année, chaque étudiant doit documenter et notifier deux cas d’effets indésirables. Le Centre de Pharmacovigilance analyse et valide la notification, crée un dossier de pharmacovigilance qui sera informatisé sur la base nationale pour les cas retenus, et informe l'étudiant notificateur de ses conclusions. Les déclarations recueillies concernent essentiellement des médicaments largement prescrits et des effets indésirables bénins. Les familles thérapeutiques les plus impliquées sont les antibiotiques et les AINS ; les effets indésirables sont le plus souvent des réactions digestives, cutanées ou affectant l’état général. Les effets indésirables ayant nécessité une hospitalisation ne représentent que 1,5 à 3% des notifications. Si les pharmaciens n’ont pas toujours la possibilité de documenter ce type d’effet indésirable, une information complémentaire peut être recueillie secondairement auprès du service hospitalier. Ils ont alors un rôle d’alerte. Les médicaments nouveaux font également l’objet de nombreuses notifications (plus de 20% des effets indésirables notifiés), notamment pour le bupropion, les coxibs, la télithromycine et la sibutramine. Ces déclarations sont indispensables pour le suivi de ces médicaments largement prescrits après leur mise sur le marché. La notification des effets indésirables survenant dans le cadre de l’automédication n’a pas excédé 4% de l’ensemble des cas, et peu de notifications concernaient les médicaments génériques. Il s’agit pourtant de deux situations dans lesquelles le pharmacien d’officine a un rôle important à jouer et où il peut intervenir dans le choix des spécialités prises par les patients. L’implication du pharmacien d’officine dans la pharmacovigilance contribue à détecter et caractériser des risques qui ne sont pas toujours repérés par les autres professionnels de santé. Elle ne se limite pas à la notification des seuls effets indésirables car le pharmacien d’officine exerce au quotidien une pharmacovigilance préventive par le contrôle des ordonnances qu’il délivre et des conseils de bon usage des médicaments qu’il dispense. De plus, il peut contribuer à la prévention des erreurs thérapeutiques en signalant au Centre de Pharmacovigilance les risques de confusion dus par exemple à des dénominations trop ressemblantes, des conditionnements trop similaires, notices insuffisantes, des présentations non adaptées…La sensibilisation précoce des étudiants en pharmacie à la pharmacovigilance devrait renforcer leur participation future à cette mission de santé publique.

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