Risque en relation avec l'ingestion des piles boutons

Les piles boutons sont de composition variable, mais la plupart contiennent, d’une part des métaux lourds (lithium, mercure, cadmium, argent, manganèse, etc…), et d’autre part des substances corrosives (potasse, soude caustique). Du fait des faibles quantités, il n’y a pas d'intoxication systémique liée aux métaux. De même, les complications caustiques qui pourraient être dues aux produits corrosifs sont, en pratique, très rares, en raison également de la bonne étanchéité habituelle du boîtier des piles. Ainsi, durant les quatre dernières années, le Centre Antipoison de Lyon a recensé 196 appels concernant des piles boutons, ce qui représente 1,75‰ du total des appels. Les enfants sont les plus fréquemment en cause (92%) avec une prédominance entre 1 et 4 ans (52%). Les circonstances sont accidentelles dans 99% des cas. Pour les autres cas, il s’agit d’intoxication volontaire chez des patients souffrant de troubles psychiatriques. La voie d’exposition est orale dans 96% des cas, nasale dans 1,5%. Les autres voies peuvent être considérées comme anecdotiques. Sur ces 196 appels, seules 17 personnes (9%) ont été symptomatiques. La symptomatologie était essentiellement digestive et modérée. Néanmoins, une pile a été extraite de l’œsophage chez trois enfants (1,5%). Chacun de ces enfants a présenté une symptomatologie fortement évocatrice : une dysphagie. Trois autres enfants ont présenté une coloration noire des selles et, pour ces cas, la pile était retrouvée dans les selles, plus ou moins érodée. Trois enfants ont présenté une rhinorhée plus ou moins retardée en relation avec la présence de la pile dans une narine. Au total, les appels concernent majoritairement de jeunes enfants qui ingèrent des piles. Cette ingestion est le plus souvent totalement asymptomatique, la pile se comportant la plupart du temps comme un corps étranger de petite taille et étant émise dans les selles en quelques jours. Dans de très rares cas où des lésions caustiques sont observées, elles sont dues à la fuite du contenu de la pile au contact de la muqueuse digestive et ce, dans des conditions particulières : joint détérioré avant l’ingestion ou se détériorant du fait d’une stagnation dans le tube digestif, pile s’enclavant au niveau de l’œsophage. La prise en charge n’est donc pas univoque. En l’absence de symptômes, l’attitude recommandée est une simple surveillance familiale. En revanche, le moindre signe d’appel digestif ou de fausse-route nécessitera une prise en charge en milieu hospitalier avec contrôle radiographique. La conduite à tenir ultérieure dépendra de la localisation exacte de la pile : surveillance radiologique itérative en cas de localisation basse, extraction par voie endoscopique pour les localisations oesophagiennes, prise en charge d’éventuelles lésions caustiques. Enfin, il ne faut pas négliger la localisation endonasale de la pile qui, si le contact avec la muqueuse perdure, peut entraîner des lésions pouvant aller jusqu’à la perforation de la cloison nasale.

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