Faux positifs au LSD

Si l' usage des produits illicites autres que le cannabis reste marginal en France, certaines substances ont néanmoins connu une diffusion croissante au cours des années 1990, comme la cocaïne et, dans une moindre mesure, les hallucinogènes dont le LSD. Le dosage du LSD et de ses métabolites dans les urines est difficile et les techniques immunologiques, manquant de spécificité, sont à l'origine de faux positifs avec certains médicaments. Ces écueils sont illustrés par un cas récemment rapporté au CEIP de Lyon. Un jeune homme de 16 ans, sans antécédent particulier, présente à son domicile un arrêt cardio-respiratoire par fibrillation ventriculaire. Il est rapidement pris en charge par une unité mobile de réanimation. Une intubation est réalisée sous fentanyl. A l'admission, un screening toxicologique, par méthode Emit II, détecte la présence de LSD dans les urines. Devant l'incompréhension de la famille niant toute suspicion de toxicomanie, les tests toxicologiques sont répétés pendant 4 jours. Ils s’avèreront systématiquement positifs alors que le fentanyl est poursuivi en raison d'une intubation prolongée. En raison d'une détection des métabolites du LSD n'excédant pas 3 jours, le diagnostic de faux positifs au LSD, déjà rapportés au cours de traitement par fentanyl (Gagajewski, 2002), est retenu sans vérification chromatographique. Une anomalie congénitale récemment décrite (syndrome du Q-T court) est envisagée comme cause au tableau clinique présenté. Les tests de dépistage urinaires du LSD disponible actuellement sont basés sur des méthodes immunologiques utilisant le principe d’une compétition antigène-anticorps. Cependant ces tests sensibles et rapides manquent de spécificité. Parmi eux, la méthode Emit II permet une détection qualitative et semi-quantitative du LSD dans l’urine, mais est à l'origine de faux positifs avec certaines classes médicamenteuses comme les antidépresseurs (fluoxétine, sertraline), les antipsychotiques (chlorpromazine, halopéridol), les anti-émétiques (métoclopramide) ou certains médicaments cardiovasculaires (diltiazem, vérapamil). Le fentanyl positive les résultats données par la méthode Emit II pour des concentrations urinaires de 40 µg/l de fentanyl. En raison de l'existence de ces faux positifs, tout test de dépistage immunologique positif au LSD doit être confirmé par une méthode chromatographique (type CPG/SM) plus spécifique.

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