Fiche technique : La toxicologie de Noël

Décoration Boules neigeuses : elles sont constituées de petits objets en polymères légers type polystyrène en suspension dans un liquide fait usuellement à base d'eau et d'additifs (carboxyméthylcellulose, antiseptiques…) en faible quantité, inclus dans un dôme de plastique ou de verre transparent. Importées le plus souvent de Chine, leur composition exacte est souvent méconnue mais les faibles quantités habituellement ingérées (lors d'un bris ou d'une fuite de la boule) n'ont occasionné, à ce jour, aucune toxicité. Cierges magiques : ce sont des fils de fer sur lesquels ont été déposés des produits combustibles dégageant brièvement des étincelles multicolores (sels de fer, aluminium, calcium, baryum…). En dépit de la toxicité de ces sels et d'une décoration parfois à usage alimentaire, nous n’avons pas noté d’intoxication. Le risque semble essentiellement attribuable à l’inflammation d’une matière combustible de proximité (papier décoratif, sapin…). Fumigènes festifs : Les générateurs de fumée artificielle sont très largement employés pour les spectacles, pendant les concerts et autres rave parties, ainsi que dans certaines discothèques. La « fumée » est en réalité un brouillard de vapeur d’eau, « opacifié » par des glycols dont la toxicité aiguë par ingestion est élevée (coma, acidose métabolique et nécrose tubulaire rénale). Aucune intoxication systémique n’a été décrite, chez les artistes comme chez les spectateurs. Une irritation des voies aériennes supérieures, voire un bronchospasme, sont en revanche possibles en cas d’exposition massive dans un lieu confiné ; les asthmatiques sont vraisemblablement plus sensibles. Neige artificielle : déposée sur les sapins naturels ou artificiels, elle est constituée d’une matière plastique inerte, sans danger. Appliquée à l’aide d’une bombe contenant un gaz propulseur parfois inflammable, un solvant et de la matière plastique en solution, elle peut occasionner quelques soucis lors d’une manipulation maladroite (inflammation du gaz et/ou du solvant, dépôts cutanés plus ou moins froids). Huîtres Consommables tout au long de l’année, les huîtres "trinquent" surtout aux deux réveillons. Au cours de leur élevage, elles sont exposées à la pollution (micro-organismes, algues toxiques…), à l'origine de préoccupations sanitaires récurrentes. Elles doivent être transportées dans de bonnes conditions (température constante de l'ordre de +2 à 5°C). Une fois les bourriches arrivées à la maison, les soucis commencent. Une huître devrait être consommée fraîche et vivante, cette condition étant habituellement vérifiée par l'existence d'une coquille bien fermée puis, au moment de la consommation, par une rétraction du mollusque avec le citron où la pointe du couteau. Si l'huître est spontanément ouverte ou si elle ne présente pas de réaction, elle doit être considérée comme morte et donc non consommable. Résultats de l’autopsie : la cause du décès de l’huître est attribuable à des conditions climatiques délétères relevées sur le balcon (trop d’écarts de température entre le froid de la nuit et la chaleur du soleil) ; il faut donc préférer la conservation brève en cave ou dans la zone la moins froide du réfrigérateur. Dans le doute, le centre antipoison ne saurait donner un conseil de beau-frère ! « Vu ce que ça coûte, y a qu’à les goûter et les manger si ça ne sent pas la moule ! » Jouets Les jouets sont des objets destinés à être utilisés par des enfants de moins de 14 ans. Pour prévenir les risques d'accident liés aux jouets, leur conception obéit à des règles strictes. Cette disposition impose non seulement certaines exigences techniques aux fabricants, mais également un étiquetage approprié. La présence obligatoire du marquage CE signifie que le fabricant atteste que le jouet satisfait aux exigences de conformité. Concernant les jouets chimiques (type boîte de chimiste, de photographe...), la norme européenne EN 71-4 précise les quantités maximales de substances et préparations chimiques que les coffrets pourront contenir ainsi que la nature des substances que les utilisateurs du jouet pourront se procurer par ailleurs pour le compléter. Un certain nombre de jouets particuliers est toutefois exclu de la réglementation (exemple : modèles réduits, poupées de collection, jeux de fléchettes à pointe métallique, armes à air comprimé, pétards, puzzles de plus de 500 pièces, etc.). Biberons magiques : ils peuvent contenir des émulsions aqueuses de silicone. Le liquide est contenu dans une double paroi. Le volume en est donc extrêmement faible. Ils ne comportent aucun risque. Bulles de savon : elles sont à base de tensioactifs anioniques et non ioniques dilués, produits moussants et irritants. Il est de règle de faire respecter les contre-indications inhérentes à l'ingestion de produits moussant (pas d'évacuation digestive et restriction hydrique d'une ou deux heures). Cependant les contenants sont de faible volume et donc les quantités ingérées faibles ne se soldent usuellement au plus que par des troubles digestifs bénins. Coffrets du petit chimiste et autres coffrets d'expérience : Les jeux de petits chimistes peuvent contenir des solutions de nitrate d'argent, de la limaille de fer, du permanganate de potassium, du bicarbonate de sodium, des colorants, des acides faibles… Les quantités disponibles sont faibles et les concentrations réglementées. Les kits de biologie peuvent contenir des œufs d'artémia (crevettes) avec la nourriture adaptée à leur développement. Les kits microscope peuvent contenir de la gélatine, des colorants (éosine, bleu de méthylène). Les produits contenus dans ces coffrets sont peu concentrés et les quantités disponibles faibles. Par ailleurs, ces jeux sont normalement destinés à des enfants plus grands, si bien que les ingestions sont rares et les quantités mises en jeu faible. Dans ces conditions, le risque est modéré, limité à la sphère digestive (irritation gastrique) et le traitement se limite à la prescription d'un pansement gastrique. Coffrets de travaux manuels ou apparentés : les coffrets pour fabriquer des bougies contiennent de la paraffine, de la stéarine ou des cires, associées à des colorants. Les coffrets à herbiers contiennent des matériaux inertes et des tubes de colle de type polyvinylique. Les coffrets pour fabriquer des moulages, des masques, des poteries contiennent des sachets de plâtre ou d'argile, des vernis sans hydrocarbure dans la plupart des cas, parfois des diluants, de type alcoolique, de la colle de type polyvinylique ou cellulosique, des peintures. Les coffrets à pyrograver peuvent contenir des vernis, sans hydrocarbure dans la plupart des cas, parfois des diluants de type alcoolique. Tous ces produits étant conditionnés en faible volume, les risques sont très modérés et se cantonnent à une éventuelle irritation digestive. Colliers luminescents : ils se composent de deux liquides à base de phtalates dont le mélange entraîne la luminescence. La quantité de liquide est très faible, 1 à 2 mL, et le produit amer, ce qui limite les ingestions. Aucun effet indésirable autre qu'un picotement de la muqueuse buccale n'est habituellement constaté, les quantités ingérées étant extrêmement faibles. Encres, crayons, peintures, colorants, vernis : Les encres contenues dans les stylos ou les tampons encreurs sont constituées de pigments, en solution aqueuse la plupart du temps, parfois huileuse ou alcoolique. Les crayons feutres contiennent des colorants en solution dans de l'eau ou des solvants (alcools, cétones, acétates, xylène, toluène…). Les craies sont à base de carbonate de calcium, auquel peuvent être ajoutées d'autres substances de type sulfate de calcium et des colorants. Le suçage, situation la plus fréquente, voire l'ingestion de ces différents produits est sans conséquence pour l'enfant. Une coloration des selles ou des urines n'est pas exclue en cas d'ingestion de grandes quantités. Pâtes à modeler, pâtes à sel, pâtes gluantes : les pâtes à modeler peuvent être à base de fécule, de gommes (xanthane, caroube, guar...), d'alginates, additionnés de substances huileuses, de polyphosphates, de borax, de colorants… Une recette artisanale se composant de farine, de fécule de pomme de terre, d'huile et d'alun de potasse est relativement répandue. Les pâtes gluantes (mains collantes…) sont à base de gommes ou de résines, associées à des substances huileuses. L'ingestion n'entraîne aucun risque d'intoxication. Plantes Le gui et le houx sont en Europe des plantes traditionnelles des fêtes de fin d'année. Le Poinsettia ou l'étoile de Noël fait son apparition dans les étalages des jardineries pendant les fêtes de fin d'année, au moment de sa floraison accompagnée de bractées rouge vif très décoratives. Gui (Viscum album): Les branches de gui se retrouvent dans les maisons lors des fêtes de fin d’année, sous la forme de la traditionnelle boule de gui. Les baies sphériques, blanches, translucides sont alors accessibles aux enfants mais leur consistance très visqueuse explique les faibles quantités habituellement consommées. Quant aux feuilles, trop épaisses, elles ne sont pas ingérées. L’absorption de quelques baies peut entraîner des troubles digestifs avec nausées, vomissements, diarrhées. Pour des quantités importantes (au-delà d'une dizaine de baies), des troubles neurologiques et cardio-vasculaires (bradycardie, hypotension) ne peuvent être exclus. Houx (Ilex aquifolium) : Il est facilement reconnaissable à ses feuilles ovales à bord ondulé et épineux, très coriaces, d’un vert sombre très brillant, et à ses fruits rouge vermillon. Il est classiquement décrit une toxicité digestive du houx pour la consommation d’environ 5 fruits. Ces troubles pourraient se compléter par des troubles neurologiques (somnolence, convulsions, coma) pour une ingestion de l’ordre de 20 à 30 baies. Poinsettia (Euphorbia pulcherrima, Poinsettia pulcherrima) : Des études récentes ont démontré que le latex présent dans la poinsettia était dénué de toxicité. Des cas de troubles digestifs mineurs (diarrhées, vomissements) ont été rapportés lors de l’ingestion de grandes quantités.

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