Dépendance au méprobamate

Le méprobamate est un anxiolytique de la famille des carbamates, dernier représentant de cette catégorie encore commercialisé en France (Equanil® et Mépronizine®). La forme injectable (Equanil° IM 400 mg) est destinée à gérer l'urgence sur une période n'excédant pas quelques jours et les formes orales ne devraient pas couvrir un traitement de plus de 4 à 12 semaines avec des doses journalières ne devant pas dépasser 1600 mg. Les traitements prolongés à fortes doses exposent au risque de dépendance engendrant parfois une ascension des doses pouvant ainsi dépasser 4 g/j et plus exceptionnellement 6 à 8 g/j. De telles doses, qui peuvent être à l'origine d'intoxications graves (coma, collapsus cardio-vasculaire…), sont habituellement pauci-symptomatiques (somnolence) chez le sujet dépendant. Si en l'absence de tolérance, les taux plasmatiques de méprobamate sont relativement bien corrélés à la gravité clinique (intoxication modérée entre 40 et 120 mg/l ; grave pour des taux supérieurs à 120-150 mg/l), cette corrélation est moins évidente en cas de dépendance. Le CEIP de Lyon a eu connaissance de 2 cas marqués par une simple somnolence malgré des taux plasmatiques, respectivement de 203 et 241 mg/l. L'absence de signes cliniques de gravité en présence de taux plasmatiques élevés doit faire évoquer une dépendance au méprobamate. Cette dernière peut cependant être évoquée sur l'anamnèse, même en l'absence d'élévation majeure de la méprobamatémie, en raison de la capacité du méprobamate à induire son propre métabolisme. Détecter une dépendance au méprobamate n'est pas dénuée d'intérêt en raison du risque de sevrage de type “alcohol-like” ou “barbiturate-like”, potentiellement grave en cas d'interruption brutale de la consommation. Ce syndrome de sevrage se manifeste dans les cas modérés par un rebond d’anxiété, des tremblements, une agitation et des troubles du sommeil ; dans les cas graves, le sevrage peut s'accompagner d'hallucination et de convulsions. Il n’existe pas de protocole type pour la prise en charge de ces états de dépendance. L’attitude thérapeutique la plus souvent préconisée consiste en une réduction progressive de la posologie (sous couverture d'une benzodiazépine). La réalisation d’EEG de contrôle, si elle n’est pas systématiquement réalisée, permet de s’assurer de l’absence de signes infra-cliniques d'épilepsie.

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