Où en est la surveillance du saturnisme de l'enfant

Seuls les Etats-Unis et la France ont organisé un dépistage et une surveillance du saturnisme infantile. En France, les Centres Antipoison sont acteurs au niveau interrégional du système national de surveillance des plombémies chez l’enfant (SNSPE), piloté par l’Institut de Veille sanitaire (InVS). La plombémie, dosée par quelques laboratoires agréés, est le marqueur de la « charge corporelle » en plomb. Les effets neurotoxiques du plomb sont des effets sans seuil. Les études épidémiologiques suggèrent qu’une imprégnation chronique par le plomb dans la prime enfance pourrait être responsable d’une atteinte neurodéveloppementale de l’enfant, cognitive, et cela même pour des niveaux modérés de plombémie. Ces effets, même à faible « dose », ont été contestés par d’autres auteurs qui soulignent que la variance des facultés cognitives est majoritairement influencée par l’environnement familial. Les effets délétères les plus importants restent redoutés pour les plus fortes intoxications, cas de figure devenu rarissime. Les facteurs de risque sont bien connus ; ils sont essentiellement liés à l’habitat ancien (antérieur à 1949) et dégradé, avec présence de vieilles peintures au plomb, parfois travaux récents et/ou comportement de pica. L’analyse des activités de dépistage depuis 1995 réalisée par l’InVS montre une diminution progressive du rendement du primodépistage, c’est-à-dire de la proportion d’enfants testés pour la première fois dont la plombémie est supérieure ou égale à 100 µg/L, ce qui définit réglementairement le cas de saturnisme soumis à déclaration obligatoire. Pour l’InVS, cette baisse du rendement « s’explique probablement par une diminution de la prévalence dans les zones où le dépistage et les actions de prévention sont pratiquées de façon active depuis des années, et par l’extension du dépistage en direction d’enfants moins exposés ». En Rhône-Alpes /Auvergne, l’évolution est superposable aux résultats nationaux, avec un rendement du primodépistage d’environ 5% depuis plusieurs années. Parmi les 12 départements de l’interrégion, le Rhône et la Loire se partagent plus de 60% du primodépistage, et la ville de Lyon intra-muros représente 19% du primodépistage de l’interrégion. Néanmoins, le dépistage et la surveillance se poursuivent. Les efforts se portent sur les outils de repérage des zones à risque persistantes. Une enquête nationale de prévalence du saturnisme infantile est réalisée par l’InVS en 2008-2009.

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