Question/Réponse : Soudage de l'acier galvanisé

Question Quels sont les risques pour la santé liés à l’exposition aux fumées de soudage d’acier galvanisé et la surveillance médicale à mettre en place ? Réponse L’acier galvanisé est de l’acier revêtu d’une fine pellicule de zinc destinée à le protéger de la corrosion. Le zingage est effectué soit par galvanisation à chaud (trempage des pièces dans un bain de zinc fondu, produisant un film de 50 à 70 µm d’épaisseur) soit par électrozingage (électrolyse de bains de chlorure et cyanure de zinc, formant une couche de 10 µm en moyenne). L’acier galvanisé est employé dans tous les secteurs industriels : charpentes, pylônes électriques, mobilier urbain, serres, réservoirs, structures de véhicules (plus de 80 % des tôles d’une automobile sont électrozinguées), boulons, écrous… Le soudage ou la découpe au chalumeau de pièces en acier galvanisé émet des fumées très riches en oxyde de zinc : en effet, le métal se volatilise dès 908°C alors que l’arc et le chalumeau dépassent 3000°C. La principale pathologie liée à ces activités est la « fièvre des métaux » (metal fume fever), encore appelée fièvre des soudeurs. Les signes apparaissent 4 à 8 heures après l’exposition, le plus souvent en fin de journée. Ils peuvent aussi bien survenir dès la première opération qu’au bout de plusieurs semaines ou mois de travail. Une brutale sensation de malaise général avec nausées et céphalées précède l’installation d’une hyperthermie parfois élevée (40-41°C), avec frissons et myalgies diffuses. La fièvre s’accompagne constamment d’une irritation ORL et trachéale (toux, oppression thoracique) et d’un goût métallique dans la bouche. L’auscultation est normale dans la très grande majorité des cas. Aucun traitement n’est nécessaire : habituellement, le soudeur est guéri le lendemain matin ou ne se plaint que d’une asthénie résiduelle. La radiographie pulmonaire, l’EFR et la gazométrie sont normales. Le dosage sanguin et/ou urinaire du zinc est sans intérêt, non corrélé à l’intensité des troubles. La répétition des expositions induit une tolérance avec disparition progressive des accès fébriles ; mais « la protection » acquise est fragile, s’effaçant rapidement en cas d’éviction, week-end (« fièvre du lundi matin ») ou congés. Les effets de l’exposition chronique aux fumées de soudage sont essentiellement respiratoires. La prévalence des rhinites, des troubles de l’odorat et du goût, des pharyngites avec modification de la voix est augmentée chez les soudeurs. Les conséquences à long terme sur la fonction respiratoire sont controversées : certaines études objectivent un syndrome obstructif ou une baisse discrète de la DLCO mais la plupart ne mettent en évidence aucune altération significative des paramètres spirométriques. Une étude suédoise récente portant sur près de 50 000 soudeurs et oxycoupeurs suivis de 1964 à 2003 a permis d’exclure formellement tout risque de maladie de Parkinson et autres maladies neurologiques dégénératives, évoqué dans les années 80 et 90. La méta-analyse publiée en 2006 de plus de 50 études de cohortes et cas-témoins montre que les soudeurs dans leur ensemble présentent un excès faible (RR = 1,26) mais statistiquement significatif de cancer bronchopulmonaire. Cet excès de risque, classiquement attribué au chrome et au nickel présent dans les fumées de soudage d’acier inox, pourrait - au moins en partie - s’expliquer par l’amiante (nombre des soudeurs de ces cohortes ont travaillé sur les chantiers navals) et le tabagisme, plus important dans cette population. Le zinc est quant à lui dépourvu de tout pouvoir cancérogène. La surveillance médicale des soudeurs sur acier galvanisé s’appuie sur l’interrogatoire et l’examen clinique, complétés par la réalisation d’une EFR tous les deux ans. La biométrologie urinaire du zinc n’a guère d’intérêt en l’absence de toxicité systémique du métal.

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