Détournement d'usage de la GBL

Le GBL est un solvant industriel, précurseur du GHB (gamma-hydroxybutyrate), qui est métabolisé en GHB après absorption. Il est d’ailleurs utilisé pour synthétiser le GHB par réaction avec l’hydroxyde de sodium (avec un risque de contamination résiduelle). Selon l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT), depuis 2006, l’usage du GBL remplace progressivement celui du GHB, produit classé et plus difficile d’accès. De par son utilisation répandue dans le monde industriel, l’accès au GBL est plus aisé et l’approvisionnement se ferait essentiellement et facilement via Internet ou par de petites filières de détournement auprès de l’industrie. Il semble ainsi de plus en plus consommé, notamment en milieu festif. Il reste cependant difficile de savoir avec certitude quel produit circule réellement, car le nom usuel donné reste le plus souvent « GHB ». Consommé de façon récréative à visée relaxante, euphorisante et de désinhibition, le GBL a des effets similaires à ceux du GHB, qui apparaitraient de façon moins brutale (30 à 45 mn) et dureraient un peu plus longtemps (3 h à 5 h). La principale conséquence sanitaire rapportée est le « G-Hole », une perte de connaissance suivie d’un profond sommeil de plusieurs heures. Cet épisode comateux peut s’accompagner de troubles respiratoires et cardiaques (notamment une bradycardie) ainsi que d’une hypothermie et de myoclonies. Il peut aboutir au décès du sujet. Dans la plupart des cas, l’amnésie de l’épisode est totale. Ces comas surviennent quand la dose dépasse la tolérance individuelle, très variable selon l’usager, mais surtout en cas de consommation concomitante d’alcool, qui potentialise l’effet du GBL-GHB. Cette consommation est particulièrement dangereuse chez des individus naïfs, lors de premières consommations. La montée des effets ressentie comme plus lente (en regard de ceux du GHB) constitue un risque supplémentaire pour usagers non expérimentés, qui ont tendance à reprendre du produit en l’absence de manifestations rapides. La prise en charge est toujours exclusivement symptomatique, allant jusqu’à l’intubation avec ventilation assistée en cas d'hypoventilation marquée, d'hypoxémie ou en l’absence de réflexe de déglutition. Le GBL, parfois présenté sur certains forums Internet comme moins dangereux que l’alcool, peut entraîner des troubles graves. Il est actuellement impossible de dire si cet usage continuera de s’amplifier ou s’il finira par stagner, l’attrait de la nouveauté s’estompant. Son regain de popularité actuel fait cependant resurgir le problème de l’usage détourné de certains produits d’accès aisé, en dehors de tout cadre médical, par des utilisateurs parfois peu conscients des risques encourus.

search