Bilan de la Collaboration entre le Laboratoire de Toxicologie-Pharmacologie du Centre Hospitalier Lyon Sud et le Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Lyon

Le centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) de Lyon recueille chaque année environ 25 000 cas d’intoxications. Les intoxications graves prises en charge directement dans des services de réanimation, surtout lorsque leur prise en charge est aspécifique, sont sous notifiés. Afin d’améliorer l’exhaustivité des données concernant ces intoxications graves, qui par définition relèvent de la toxicovigilance (cas graves, rares, nouveaux, inattendus, évitables), des réseaux avec des partenaires clefs sont constitués. Un partenariat avec le Laboratoire de Toxicologie-Pharmacologie du Centre Hospitalier Lyon Sud a été instauré en juillet 2008. Un interne de pharmacie du laboratoire envoie au CAPTV les résultats de dosages toxicologiques anormalement positifs ou dépassant un seuil prédéfini. Pour chaque dosage transmis, les données cliniques et paracliniques du cas d’intoxication sont documentées par le recueil du compte-rendu d’hospitalisation. Ces observations sont alors réparties à chacune des vigilances concernées, à savoir : au CAPTV pour les intoxications ne relevant pas d’un accident thérapeutique, au CEIP-A (centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance et l’addictovigilance) pour les substances illicites ou les observations relevant d’un contexte de toxicomanie, et au CRPV (centre régional de pharmacovigilance) pour les surdosages secondaires à une utilisation thérapeutique. Les observations suffisamment documentées relevant de la mission du CAPTV sont enregistrées dans la base de données informatique nationale (SICAP). Pour les cas ayant fait l’objet d’un appel préalable au CAPTV, l’informatisation des résultats du dosage a permis de compléter le dossier. Pendant la première année de fonctionnement (juillet 2008-juin 2009), 190 bilans toxicologiques compatibles avec une intoxication, un mésusage ou un effet indésirable ont été notifiés dans le cadre de cette collaboration. 108 cas d’intoxications sur 115 ont pu être informatisés par le CAPTV. Dans 6 de ces cas seulement un appel préalable était parvenu au CAPTV. Dans 106 cas, il s’agissait de tentatives de suicide. Les deux autres cas sont des mésusages de paracétamol pris en excès dans le cadre de douleurs aiguës. L’âge médian des patients était de 44 ans (extrêmes = 17-85). L’absence de service d’accueil pédiatrique dans l’hôpital où est implanté ce laboratoire peut expliquer une médiane supérieure à celle que l’on retrouve usuellement dans les tentatives de suicide. Le sexe ratio était de 0,46 (M=34, F=74). Les intoxications sont restés de gravité nulle ou faible dans 41% des cas. Elles étaient de gravité moyenne dans 17 % des cas et élevée dans 42% des cas. Les intoxications graves étaient des poly-intoxications dans 41 cas sur 46. Ces intoxications ont évolués favorablement dans 106 cas sur 108. Un décès (intoxication par Diantalvic°) et 1 cas avec séquelles (intoxication polymédicamenteuse par aténolol, méprobamate, zopiclone) sont à déplorer. Les intoxications ainsi recueillies correspondent plus souvent que nos appels tout venant à des intoxications sévères (42% versus 1%). Elles représentent environ 25% de des cas graves annuels recensés par le CAPTV ce qui illustre l'intérêt réel d'un tel réseau de correspondants afin d’améliorer le recueil des cas permettant de répondre à la mission de la toxicovigilance. Cette collaboration a été rendue possible grâce à la détermination des responsables du Laboratoire de Toxicologie malgré le supplément de travail induit. Elle l’a aussi été grâce à la bonne volonté des services hospitaliers ayant pris en charge les intoxiqués.

search