La vaccination chez une femme qui allaite

Lors d’épidémies, dans la perspective d’un voyage ou plus simplement pour suivre les recommandations du calendrier vaccinal, les raisons justifiant la vaccination d’une femme qui allaite sont fréquentes. Les vaccins, agents infectieux inactivés ou sous-unités d’agents infectieux ou anatoxines, dépourvus de pouvoir pathogène, sont utilisables sans restriction dans cette population. La question se pose pour les vaccins vivants atténués dans la mesure où des virus vaccinaux ont parfois été retrouvés dans le lait.

C’est le cas du vaccin contre la rubéole. Ainsi, dans une petite étude incluant 16 mères vaccinées dans le post-partum immédiat, le virus vaccinal a été retrouvé au niveau du nasopharynx chez 56 % des nouveau-nés et 25 % d’entre eux ont présenté une séroconversion transitoire à la rubéole. Il faut cependant souligner qu’aucun de ces enfants n’a présenté de signe clinique de la maladie ni de réponse anormale lors de leur propre vaccination à l’âge prévu. Les données sont plus limitées, mais tout aussi rassurantes pour le vaccin contre la varicelle, pour lequel une étude chez 12 femmes immunisées au cours de l’allaitement n’a pas permis de détecter de virus vaccinal dans le lait.

Il n’existe pas de donnée sur le passage dans le lait des virus ourlien et rougeoleux ni sur leur pouvoir infectant pour l’enfant allaité. Néanmoins, aucun cas de transmission de ces 2 virus via le lait n’a jamais été publié. Par ailleurs, en situation épidémique, comme c’est le cas en France pour la rougeole depuis 2008, la protection maternelle concourt à limiter le risque infectieux du nouveau-né et surpasse très largement un hypothétique risque, qui ne doit pas conduire à suspendre l’allaitement.

Finalement, seule la vaccination contre la fièvre jaune comporte un risque bien identifié chez l’enfant allaité, âgé de moins de 6 mois. Ce risque est détaillé dans la rubrique question/réponse de ce même numéro de VIGItox.

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