Risque en relation avec l’ingestion d’aimants «nouvelle génération»

Le centre antipoison de Lyon est régulièrement contacté pour l’ingestion de corps étrangers, particulièrement fréquente chez l’enfant en bas âge. Si le problème n’est que très exceptionnellement d’ordre toxicologique, il est important de rappeler que, dans certain cas, la gestion de ces accidents domestiques se doit de prendre en compte les propriétés physiques de ces corps étrangers.  Certains aimants permanents à base de néodyme-fer-bore, constituant notamment de petites pièces d’assemblage dans certains jeux de construction, mais aussi de bijoux imitant des piercing de la langue, du nez ou du pavillon de l’oreille, ont une force d’attraction très importante susceptible de vaincre la protection que représente l’épaisseur des tissus biologiques. Le problème se pose lors de l’ingestion d’au moins 2 de ces aimants ou lors de l’ingestion associée à une pièce métallique. L’attraction réalisée par l’aimant sur l’autre structure métallique peut accoler 2 anses grêles entre elles, entraînant occlusion et/ou perforation de la paroi intestinale. En raison de leur petite taille habituelle, leur ingestion par un enfant en bas âge peut n’être diagnostiquée qu’au stade des complications, généralement constatées au-delà de la 8ème heure. L’ingestion décelée à la phase initiale doit conduire, éventuellement, à pratiquer plusieurs radiographies de l’abdomen sans préparation (ASP) pour rechercher une présence multiple, si un premier ASP confirme la présence d’au moins un d’entre eux. Une extraction endoscopique, si elle est possible, devrait être tentée si plusieurs corps métalliques, susceptibles de s’attirer, sont identifiés.

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